Un Blogue fraîchement brassé

À la découverte des Blanches Belges

 

Les bières blanches, particulièrement de type belge, sont aujourd’hui très populaires en Amérique du Nord et pratiquement toutes les brasseries en proposent une à leurs clients. Pourtant, la Witbier avait complètement disparu de la planète il y a une cinquantaine d’années. Remercions Pierre Celis de l’avoir fait renaître…

Les bières de blé, communément appelées bières blanches, se divisent en deux grandes catégories : les Witbier, aussi appelées blanches belges et les Weizen, ou Weiss, aussi appelées blanches allemandes. C’est principalement les levures utilisées et la façon d’intégrer le froment (blé) qui marqueront la différence entre ces deux styles.

Traditionnellement, les versions belges sont faites de froment cru; les Allemands doivent quant à eux obligatoirement malter la céréale utilisée en vertu de la loi sur la pureté de la bière. Les différences au niveau du goût sont toutefois majoritairement attribuables à la levure utilisée. Les belges développent des arômes d’agrumes que l’on agrémente souvent de coriandre et d’écorce d’orange; les allemandes mettent plutôt à l’avant-plan les arômes de vanille, de clou de girofle et de banane.

La Witbier est ainsi la bière de blé à la belge, à la fois rafraîchissante et très goûteuse, aux parfums d’agrumes et d’épices.

 

L’origine de la Witbier

La bière de froment belge aurait été brassée il y a plus de 400 ans, principalement dans l’ancienne province de Brabant en Belgique. À un certain moment dans les années 1700, on recensait même plus de 30 brasseurs de bière blanche autour de la petite ville de Hoegaarden. En 1954, la dernière de ces brasseries traditionnelles ferma ses portes et passa bien près d’emporter avec elle le secret derrière cette bière étonnamment goûteuse et rafraichissante.

Heureusement, en 1966, un laitier de la région entreprend de ressusciter la blanche belge typique de sa région au plaisir de ses parents et amis. Pierre Celis avait travaillé pour la brasserie d’un voisin et se rappelait des ingrédients nécessaires à sa fabrication : du blé cru, de l’avoine crue, et de l’orge malté. La bière se démarquait aussi par les épices utilisées : des écorces d’orange Curaçao et des graines de coriandre. La présence d’une troisième épice secrète a également longtemps été suspectée…

Bien entendu, la bière blanche Hoegaarden de Pierre Celis ne fut pas seulement appréciée par son entourage, mais bientôt par toute la région, le pays, puis le continent. Celis ouvre officiellement sa Brouwerij Celis en 1966. En 1980, il acquiert de nouvelles installations et déménage sa production dans sa nouvelle Brouwerij De Kluis.

Malheureusement, à peine cinq ans plus tard alors qu’il commence à exporter sur le prometteur marché américain, sa brasserie passe au feu et des problèmes avec ses assureurs le forcent à demander l’aide de la géante brasserie Artois. Quelques années plus tard, Artois devenu Interbrew mettra d’énormes pressions sur le brasseur pour qu’il modifie ses recettes. Indigné, Celis refuse et choisit de vendre ses parts au géant.

Motivé par la demande sur le marché américain, Pierre Celis se rend à Austin au Texas où il ouvrira avec sa fille Christine une nouvelle brasserie qu’il finira à nouveau par perdre de façon similaire, cette fois aux mains de Miller. À nouveau, les impératifs commerciaux ont eu raison de sa brasserie…

Heureusement, les microbrasseries américaines et celles de partout à travers le monde ne tarderont pas à s’emparer du style ravivé par Pierre Celis et à le reproduire le plus fidèlement possible comme ce dernier l’aurait souhaité.

 

La Witbier classique

La Witbier est jaune paille, allant de très pâle à légèrement dorée. Elle est habituellement voilée, voire laiteuse, et est surmontée d’une belle mousse blanche dense et tenace. Au nez, on retrouve des notes mielleuses et vanillées, ainsi que des arômes légèrement épicés au parfum de coriandre, de gingembre, d’herbes, ou même de poivre. Des notes de pain frais légèrement acidulées et des pointes fruitées d’agrumes sont aussi perceptibles. À l’occasion, on y perçoit de subtiles notes de houblon.

En bouche, l’utilisation du blé non malté ou de l’avoine lui confère une texture veloutée et crémeuse et un caractère très rafraîchissant. Elle est agréablement sucrée, avec des notes mielleuses, vanillées, fruitées (écorce d’orange), et présente une finale courte et parfois aigrelette. On retrouve aussi de faibles flaveurs de blé, ainsi que des flaveurs herbacées et épicées. L’amertume n’est pas vraiment présente en finale. Ce sont des bières qui doivent être consommées fraîches; elles ne vieillissent pas très bien.

 

Accords et mets

La Blanche belge peut accompagner les salades fraîches aux agrumes ou aux parfums citronnés. Pour les repas, elle fait bonne figure avec les viandes blanches et les fruits de mer, le tout épicé avec de la coriandre, du gingembre, de la fleur d’oranger, et, bien sûr, des agrumes. On peut aussi la servir en fin de repas avec des desserts à l’orange, au citron ou aux diverses épices que l’on retrouve dans son profil de flaveurs.

Pour l’apprécier pleinement, prenez la peine de réincorporer la levure déposée au fond de la bouteille à la bière avant de la verser dans un verre. Certains aiment bien ajouter quelques tranches d’orange directement dans le verre pour accentuer son côté agrume.

Bonne dégustation!

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16 novembre 2012 - À la découverte des Blanches Belges




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